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Communiqué du 13 juin 2026

Régate « Corail 600 » : le Parc naturel de la Mer de Corail privatisé pour quelques privilégiés…

Régate « Corail 600 » : le Parc naturel de la Mer de Corail privatisé pour quelques privilégiés…

La course (13 au 19 juin) est décrite comme « une course au large de 600 milles à travers l'un des espaces maritimes les plus sauvages et préservés du Pacifique : le parc naturel de la mer de Corail ». L'événement est co-organisé par le Cercle Nautique Calédonien (CNC), le Parc naturel de la mer de Corail (PNMC) et le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. L'IRD propose une journée découverte de la mer de Corail le dimanche 14 juin lors du village de la course installé au Yacht club.

EPLP dénonce depuis longtemps les risques de conflits d'intérêts et d'entre-soi dans l'organisation et la gestion du Parc Naturel de la Mer de Corail, notamment par les mêmes acteurs impliqués dans cette régate.

Le parcours traverse des sites d'exception incluant la réserve naturelle de la ride de Norfolk, le banc Ellet et le banc de l'Orne sur la ride des Loyauté, l'île de Maré, la réserve naturelle de La Monique-île de Walpole, l'île des Pins et le grand lagon sud.

Le mois de juin marque le début de la saison de reproduction des baleines à bosse dans les eaux calédoniennes. Les organisateurs reconnaissent que « la réserve naturelle de la ride de Norfolk constitue un corridor écologique majeur pour la mégafaune marine, notamment les baleines à bosse ». Le chef du service du parc marin au gouvernement espère même que « les skippers devraient croiser » les baleines qui remontent de l'Antarctique.

EPLP questionne ce que les organisateurs considèrent comme une « pression humaine » si la présence de bateaux en course sur site ne l'est pas, et note que le risque de collision avec les animaux est complètement évacué. Le président du CNC prend pour « modèle » la course Sydney-Hobart, où les collisions mortelles de voiliers rapides avec les baleines sont régulières.

Le banc de l'Orne, intégré à la réserve naturelle La Monique-île de Walpole instaurée en 2024, est classé zone importante pour la conservation des baleines à bosse. Les cétacés y trouvent des secteurs favorables au repos, à la socialisation et parfois à l'alimentation.

Les promoteurs promettent « une course engagée, où la performance sportive rencontre la sensibilisation à la préservation du milieu marin ». EPLP remet en question où se trouve véritablement cette sensibilisation et considère que les « réserves naturelles » au cœur du « sanctuaire » constituent un « terrain de jeu » dont disposeraient les skippers et sponsors avec la caution de scientifiques et du gouvernement.

L'événement est dénoncé comme un « enfumage » co-organisé par des acteurs qu'EPLP n'a de cesse de dénoncer. EPLP déplore vivement que des réseaux sociaux institutionnels (IRD, gouv. NC) pratiquent une censure féroce, et s'interroge sur ce dont les institutions en question ont peur.

Pour EPLP, Martine Cornaille

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