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Communiqué du 22 juin 2026

Élections provinciales, les dés sont pipés…

Élections provinciales, les dés sont pipés…

Les élections sont régulièrement présentées comme l'expression la plus aboutie de la démocratie. Encore faudrait-il que les candidats partent avec des chances raisonnablement comparables.

Or le système en vigueur révèle une réalité bien différente : les « règles du jeu » favorisent outrageusement les « joueurs » déjà installés. En effet, les formations politiques disposant d'élus bénéficient de financements publics, de réseaux militants constitués depuis parfois plusieurs décennies, de fichiers de sympathisants, d'une notoriété acquise grâce à l'exercice du pouvoir et d'un accès privilégié aux médias, notamment à ceux qu'ils financent...

À l'inverse, les nouvelles formations doivent tout construire : leur organisation, leur visibilité, leurs moyens matériels, leurs réseaux et leur capacité à faire connaître leurs propositions.

Comme si cela ne suffisait pas, le principe officiel retenu en matière de temps de parole audiovisuel consiste à attribuer davantage de visibilité médiatique à ceux qui disposent déjà de la plus forte visibilité politique. Ainsi les temps de parole extrêmes alloués par l'ARCOM pour les provinciales 2026 sont de 1 h 7 min 8 s (pour la réunion de 3 listes) contre 2 min 44 s ! Ces 2 min 44 concernent tout de même 11 listes.

Cette conception de « l'équité » interroge. Pour EPLP, l'équité ne consiste pas à renforcer les positions dominantes. Elle consiste au contraire à corriger les inégalités existantes afin de permettre à chacun d'être entendu. Donner davantage à ceux qui disposent déjà de beaucoup, cela n'a rien à voir avec l'équité. C'est même tout l'inverse !

Le mode de scrutin contribue lui aussi à cette logique de concentration. Derrière les discours sur le pluralisme, les mécanismes électoraux favorisent les grandes formations et compliquent l'accès des nouveaux entrants aux assemblées élues.

Une démocratie vivante devrait favoriser le renouvellement des idées, des acteurs et des sensibilités. Elle ne devrait pas avoir pour effet de protéger ceux qui occupent déjà le pouvoir et qui organisent le « système » pour s'y maintenir…

EPLP appelle à l'ouverture d'un véritable débat sur les règles du jeu démocratique en Nouvelle-Calédonie : financements et accès aux médias, égalité des chances entre candidats et modalités de représentation. À défaut du tirage au sort qui a nos préférences, de nombreux systèmes alternatifs existent dans le monde : jugement majoritaire, vote préférentiel, vote par approbation, systèmes mixtes ou encore dispositifs de participation citoyenne directe.

Qui peut encore s'étonner de la désaffection des citoyens pour les élections ? Les désastreuses règles actuelles sont un choix politique et non une fatalité. Une démocratie ne se mesure pas seulement au droit de voter. Elle se mesure surtout à la capacité réelle de chacun à se présenter devant les électeurs dans des conditions véritablement équitables.

Pour EPLP, Martine Cornaille

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