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Communiqué du 4 juillet 2026

Batteries au lithium : sécurité et retour d'expérience de Boulouparis

Batteries au lithium : sécurité et retour d'expérience de Boulouparis

Le 1er juillet 2026, la Chambre de commerce et d'industrie (CCI), l'Agence de la transition écologique (ADEME), l'Agence calédonienne de l'énergie (ACE) et le cluster SYNERGIE ont organisé une réunion d'information consacrée à la sécurité des batteries au lithium à destination des professionnels. Informés par un tiers qui n'ignore rien de notre intérêt pour la chose, nous y sommes allés sans invitation...

1. Les risques liés aux batteries au lithium

Un chercheur du CEA de Grenoble a présenté le fonctionnement des batteries au lithium. S'agissant du risque d'incendie des véhicules électriques, il a présenté des statistiques américaines selon lesquelles, pour 100 000 véhicules en circulation, on dénombre chaque année :

  • 1 530 incendies de véhicules thermiques à essence ;
  • 3 475 incendies de véhicules hybrides ;
  • seulement 25 incendies de véhicules électriques.

Ces chiffres montrent que le risque d'auto-inflammation des véhicules électriques demeure très inférieur à celui des véhicules thermiques ou hybrides. Cela n'enlève cependant rien à l'alerte lancée par EPLP concernant la sécurité des copropriétés accueillant des véhicules électriques dans des parkings couverts ou des garages fermés, pour lesquels nous avons identifié des circonstances aggravantes :

  • difficulté extrême pour les pompiers de pénétrer et manœuvrer dans ces espaces restreints ;
  • difficulté intrinsèque d'extinction des incendies de VE ;
  • propagation rapide du feu entre véhicules ;
  • « effet four » où la température monte très rapidement, fragilisant les structures du bâtiment ;
  • émission massive de fumées hautement toxiques ;
  • risque de reprise de feu, même après une première extinction…

Le chercheur a souligné que les incendies impliquant les batteries de la « petite mobilité » (vélos et trottinettes électriques) sont très fréquents. Selon les fabricants, une cellule sur cent millions présenterait un défaut de fabrication. Les principales causes de défaillance sont les courts-circuits, les surcharges, les surdécharges, les surchauffes, le vieillissement et les agressions physiques (chocs, perforations, chutes ou vibrations).

2. Des incendies particulièrement difficiles à maîtriser

Contrairement à une idée répandue, le chercheur a indiqué que la seule méthode aujourd'hui reconnue comme réellement efficace pour éteindre une batterie au lithium en emballement thermique consiste à utiliser de très grandes quantités d'eau (environ quatre fois plus que pour un véhicule thermique). Cette technique entraîne cependant la production de volumes importants d'eaux d'extinction gravement contaminées, à l'origine de pollutions secondaires.

Il a également indiqué qu'en moyenne, chaque personne possède aujourd'hui 19 batteries au lithium, et que réutilisation et recyclage relèvent de l'utopie à cette heure.

3. Les conseils de sécurité destinés au grand public

  • ne pas s'absenter lors d'une charge ;
  • débrancher les batteries dès qu'elles sont complètement rechargées ;
  • ne jamais couvrir un appareil en cours de recharge (attention aux oreillers !) ;
  • ne jamais recharger une batterie endommagée ;
  • ne pas conserver les batteries usagées ou détériorées.

Une attention particulière doit être portée à l'information des adolescents qui rechargent leur téléphone ou leur ordinateur portable sous leur oreiller. Au-delà du risque d'incendie, un emballement thermique peut également provoquer une explosion accompagnée de projections de débris.

4. Les risques propres aux fermes de batteries

Pour les installations de stockage d'énergie, les principaux risques identifiés sont la propagation d'un incendie de module à module, de conteneur à conteneur, à la végétation environnante, les projections et les coulures de produits de décomposition. La métropole dispose d'une réglementation spécifique applicable aux Battery Energy Storage Systems (BESS), alors qu'aucune réglementation comparable n'existe actuellement en Nouvelle-Calédonie.

EPLP relaiera ces exigences d'évolution auprès de la DIMENC et proposera que les installations de stockage par batteries au lithium soient équipées d'ouvrages de confinement adaptés (aires techniques étanches, bassins de rétention) afin de recueillir les eaux d'extinction contaminées et d'éviter tout rejet dans le milieu naturel.

5. Retour d'expérience de l'incendie de Boulouparis

La présidente du cluster Synergie a présenté un retour d'expérience relatif à l'incendie survenu en juillet 2021 à la centrale photovoltaïque avec stockage de Boulouparis 2 :

  • l'extinction a nécessité plus de 24 heures ;
  • plus de 20 m³ d'eau ont été utilisés ;
  • une explosion a mis en danger les pompiers qui intervenaient ;
  • l'incendie a provoqué des émissions atmosphériques toxiques ;
  • des pollutions des sols et des eaux ont été constatées.

Les analyses environnementales se poursuivent encore aujourd'hui, cinq ans après le sinistre : les résultats ne sont toujours pas conformes. La totalité des batteries concernées a dû être remplacée, opération qui a nécessité près de quatre années, et l'incendie a conduit le fabricant à procéder au rappel mondial de toutes les batteries de ce modèle.

6. Intervention d'Ensemble Pour La Planète

EPLP a regretté que les représentants de la société civile n'aient pas été officiellement invités à cette réunion, s'est étonnée de l'absence apparente de la DIMENC, et a interrogé les intervenants sur le devenir des conteneurs incendiés et la persistance de la pollution du site. EPLP s'est enfin interrogée sur le projet d'implantation du futur collège de Boulouparis à proximité de cette centrale équipée d'un système de stockage par batteries.

Conclusion : EPLP déplore que des technologies dangereuses soient mises en œuvre sans débat public préalable, sans étude de l'ensemble du cycle de vie des installations et sans étude sérieuse des alternatives. Nous plaidons résolument pour la fin des fermes solaires industrielles, a fortiori avec dispositif de stockage par batteries. Vivement la STEP, voire les STEP ! La « transition énergétique » telle que mise en œuvre en Nouvelle-Calédonie n'a rien d'écologique : elle consiste à remplacer une dépendance aux énergies fossiles par une dépendance aux métaux. Vive la sobriété !

Pour EPLP, Martine Cornaille

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